La Barrière des Mots
Quelle ténacité, quel courage il faut,
Pour oser franchir ce seuil, tendre ses mots.
Non pas pour briller, ni pour être acclamé,
Mais juste pour qu’on écoute, qu’on veuille essayer.
S’exposer, c’est se jeter dans une broyeuse,
Sans sentiment, sans échange, froide et précieuse.
Un mécanisme sans âme, une porte qui se ferme,
Sans un regard, sans un mot, juste le silence qui germe.
Et quand enfin l’acceptation se fait,
Qu’un texte passe, qu’un mot discret paraît,
Vient la deuxième barrière, plus rude encore:
La pertinence, le poids, l’écho qu’on ignore.
Pour eux, les nouveaux, nous sommes des inconnus,
Peut-être inexpérimentés, mal perçus.
L’impression s’installe: sommes-nous de trop?
Dans ce monde saturé, où chaque mot est un fardeau.
Alors il faut être tenace, avancer malgré tout,
Tenir, même quand tout semble vain et flou.
L’espoir, fragile, devient l’unique raison,
D’espérer qu’un jour, on brise ce plafond.
Car derrière chaque mot posé avec foi,
Il y a un cœur, un souffle, une loi.
Celle de ne pas céder, de croire encore,
Que la lumière viendra, là où règne le décor.
Fabien Gaudin
