Sur le fil
L’artiste s’élance, funambule gracile,
Sur un fil dansant entre rêve et exil.
D’un côté l’espoir, aux lueurs cristallines,
De l’autre, l’abîme aux ombres opalines.
Chaque trait qui naît, chaque souffle esquissé,
Dans la nuit scintille, éternel pensé.
Car créer, c’est plonger dans l’infini mouvant,
Livrer son âme nue aux regards du vent.
Hypersensible, il vibre aux moindres murmures,
Aux chants qui s’élèvent, aux blessures pures.
Le monde le heurte de ses mille éclats,
Qu’il transmue en couleurs que nul ne voit là.
Il tremble, il hésite, il voudrait s’enfuir,
Mais la flamme danse, refuse de mourir.
Dans ce doux vertige où son cœur chavire,
Il trouve l’équilibre, apprend à fleurir.
L’artiste est toujours en quête d’aurore,
Son œuvre est un chant que l’âme décore.
Il doute s’il touche, s’il guérit, s’il prie,
Mais avance encore sur le fil de vie.
Entre les abysses et la lumière,
Il tisse l’invisible en fils de mystère.
Et dans ce miroir que son art fait naître,
Au-delà du doute, s’éveille l’être.
Fabien Gaudin
Ce poème est devenu une chanson : voir le clip.
