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Fabien Gaudin

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Deux Torches ivres

Le paradis est un leurre sans la morsure du diable,
Un mirage fané, piège doux et instable.
Le confort? Un linceul de velours effrité.
J’ai brûlé mes semelles sur des vies éclatées.

Prends-moi pour un fou, mais écoute ma voix:
Les soirées trop sages sont des tombes de bois.
Quand les rires s’habillent de dentelles trop nettes,
J’entends le silence des flammes en détresse.

Faire la fête? Non. S’embraser.
Boire pour survivre? C’est déjà faner.
Je veux l’amitié qui mord, l’alcool qui dévore,
Qui marque les lèvres d’une fièvre sonore.

Cette amitié-là, je la veux déchaînée,
Pas un pont de pierre, mais une corde effilée.
Qu’on y danse pieds nus, sans peur de tomber,
Sur un fil tendu où tout peut s’écrouler.

Qu’elle ait le goût du vent qui fracasse les tois,
L’éclat des verres brisés dans un rire qui choit.
Qu’elle soit ce lierre insolent, indomptable,
Qui fend les murs gris d’un élan implacable.

Je ne veux pas de refuge, pas d’abri trop sage,
Mais une tempête qui bouscule mes âges.
Un chaos vivant qui secoue mes étoiles,
Rappelle à mon sang qu’il est rouge sous la toile.

Prends ma main là où le monde se brise,
Où l’ordre s’effrite, où la peur s’éternise.
Je ne cherche pas un pas qui m’accompagne,
Mais un cœur qui saute où la chute s’engage.

Toi qui comprends, viens, soyons flammes jumelles,
Deux torches ivres dans la nuit qui s’appelle.
Peu importe le vide, le vertige est un cri,
Un chant sauvage qui défie l’infini.

Et si demain nous ne sommes que cendres,
Au moins aurons-nous dévoré les ténèbres.
Pas de verres vides à compter dans l’ennui,
Mais une nuit consumée dans l’éclat de la vie.

Fabien Gaudin

Autres versions

Version Originale

Le paradis est un leurre sans la morsure du diable,
Un mirage fané, piège doux et instable.
Le confort ? Un linceul de velours effrité.
J’ai brûlé mes semelles sur des vies éclatées.

Prends-moi pour un fou, mais écoute ma voix :
Les soirées trop sages sont des tombes de bois.
Quand les rires s’habillent de dentelles trop nettes,
J’entends le silence des flammes en détresse.