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Fabien Gaudin

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Le Bocal et la Lumière

Je tourne en rond dans ce bocal de verre,
Soufflé par nos silences,
Un piège translucide
Où l’amour s’étouffe à force d’attendre.

Deux années d’ombres et d’élans brisés:
Toi, à attendre que je vienne,
Moi, à repousser le moment,
Tous deux prisonniers de la même impuissance.

J’ai cru t’aimer en liberté,
Mais je t’ai laissée seule face aux murs,
Comptant les jours derrière la vitre
Pendant que mes pas hésitaient dehors.

Puis ta lumière s’est éteinte,
Épuisée d’éclairer pour deux.
Et dans la nuit que tu m’as laissée,
J’ai enfin vu l’étendue du vide.

Je me bats contre mon reflet —
L’homme des « plus tard », des « bientôt »,
Celui qui t’a fait porter seule
Le poids d’un amour sans ailes.

Pourtant, au fond de ce noir total,
Je sens encore ton souffle,
Comme une braise qui refuse de mourir.

Et si un jour tu rallumes,
Même tremblante, même blessée,
Alors ce bocal cessera d’être tombeau
Pour redevenir matrice —
Et nos deux impuissances
Se rejoindront enfin
En un seul élan de vie.

Fabien Gaudin

Autres versions

Version Complète

Je tourne en rond dans ce bocal de verre,
Soufflé par nos silences,
Un piège translucide
Où l’amour s’étouffe à force d’attendre.

Deux années d’ombres et d’élans brisés :
Toi, à attendre que je vienne,
Moi, à repousser le moment,
Tous deux prisonniers de la même impuissance.