L’illusion d’y croire
Je me nourris d’espoir de la revoir un jour,
Un feu fragile, brûlant d’un ancien amour.
Mais peut-être n’est-ce qu’un mirage trop doux,
Un songe cruel que mon cœur rend fou.
Les souvenirs dansent, échos d’un temps passé,
Chaque instant partagé me semble ressuscité.
Son sourire m’obsède, son regard me poursuit,
Je m’accroche à ses ombres au creux de la nuit.
Et soudain, l’éveil, un souffle, un frisson…
J’ouvre les yeux, brisé par l’illusion.
Mais voilà qu’entre nous, blotti en silence,
Le chien s’invite, en douce effronterie immense.
Lui qui n’a pas droit d’approcher le lit,
Nous enlace tous deux, l’air presque attendri.
Et là, juste derrière, dans un éclat divin,
Je vois ma femme, endormie, belle comme un matin.
Alors je souris, un peu fou, un peu sage,
Ce rêve me ramène à mon vrai héritage.
Pourquoi courir après des fantômes sans fin,
Quand l’amour est là, blotti contre mes mains ?
Fabien Gaudin
